Centre Orthopédique de Provence

Instabilité antérieure de l'épaule

C’est une pathologie que l’on rencontre de plus en plus fréquemment du fait de l’augmentation de la pratique sportive. Elle apparaît le plus souvent après un accident, une chute qui a entrainé une luxation antérieure de l’épaule. Plus le patient sera jeune au moment de cette 1° luxation plus il aura de chance de récidiver.

Comment s’exprime cette instabilité antérieure ?

On reconnaît généralement 3 tableaux :

  1. La récidive de la luxation après une première luxation. Ces luxations peuvent devenir de plus en plus fréquente  et aboutir à une véritable infirmité, le patient ayant peur d’élever la main au dessus de la tête.
  2. Les subluxations de la tête humérale. Le patient conscient de son instabilité aura appris à contrôler cette « échappée » de la tête humérale. Il aura le sentiment lors de certain mouvement au dessus de la tête que son épaule va se luxer
  3. L’épaule douloureuse instable. Ce sont généralement de jeune sportif qui ressente des douleurs au mouvement d’armé : smatch au volley, shoot au hand, service au tennis.    L’examen montrera qu’il s’agit d’une épaule instable apparue souvent après une luxation ancienne.

Quelles en sont les causes ?

  1. Après une première luxation les ligaments stabilisateurs de l’épaule (Ligament gléno-huméral inférieur) ont été lésés. Leur point d’attache sur l’articulation, le bourrelet glénoïdien, a été arraché. C’est ce que l’on appelle une lésion de Bankart.
  2. Parfois l’arrachement de ce ligament emportera un fragment osseux de la glène, point de fixation de ce ligament. Ce fragment osseux peut être important   et va amputer la surface d’appui articulaire. Ce sera alors un élément majeur de l’instabilité.
  3. L’hyper-laxité constitutionnelle. Certain d’entre nous sont plus souple, plus laxe et cela naturellement. Ce fait peut jouer un rôle dans l’apparition d’une instabilité.

Le traitement

L’instabilité antérieure de l’épaule est une lésion souvent chirurgicale lorsqu’elle entraine une gêne fonctionnelle. La rééducation ne peut résoudre ce problème anatomique. Elle aura par contre un rôle important en cas d’intervention.

La réparation arthroscopique : elle consiste après avoir introduit une fibre optique dans l’épaule, à aller fixer au moyen de petites ancres, la lésion de Bankart dont nous avons parlée
Elle a pour avantage sa faible agressivité, compatible avec de la chirurgie ambulatoire. Par contre elle n’est pas adaptée à tout les cas et ne sera proposée que dans des cas précis.

La butée osseuse : le plus souvent dénommé intervention de Patte. On réalise au moyen d’une partie de l’omoplate (l’apophyse coracoïde) un « obstacle » à la sortie de la tête humérale en avant. Cette technique représente la référence en matière de résultat, mais elle est plus agressive que la réparation sous arthroscopie 

Alors comment choisir entre ces 2 techniques ?

On utilise le score ISIS (Index of Shoulder Instability Severity) qui permettra de discerner  les cas les mieux adaptés à l’une ou l’autre technique. Néanmoins dans le meilleur des cas, il existe un  risque d’échec de 4% environ.

On peut être amené à gérer ces échecs et il faut savoir que le passage d’une technique à l’autre est généralement possible. Dans des cas extrêmes on pourra réaliser une nouvelle butée au moyen d’un fragment osseux pris sur le bassin, ou une réparation ligamentaire au moyen d’un tendon, le demi tendineux, pris au niveau du genou.